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Textes

‘Attâr

Farid-ud-Din ‘Attâr, La conférence des oiseaux, Paris, Seuil, 2002

Présentation
Farid-ud-Din ‘Attâr était un poète mystique persan né à Nishapour dans le Khorassan vers 1142 et mort entre 1190 et 1229.

Texte
« Un nouvel oiseau s’avança. Rougissant , il dit à la huppe : l’amour m’a pris dans ses filets…

« Ô beauté du visage aimé ! Je le vois, le monde s’efface, la moisson brûle et les chemins se dispersent dans les buissons. Un jour sans lui, je perds le nord. Mon seul désir est de rester l’heureux captif de mon idole. Oui, je sais, je blasphème. Hélas ! Voyez mon cœur incendié… Loin de ses yeux, de ses sourcils, de ses joues tendres, de ses lèvres, ma vie bientôt s’étiolerait ! Est-il un remède à ce mal qui me tourmente, qui me tue !… l’amour m’a jeté hors de moi. Que puis-je faire ? Dis-le moi ».

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‘Attâr

Farid-ud-Din ‘Attâr, La conférence des oiseaux, Avant-Propos, Paris, Seuil, 2002

Présentation
Farid-ud-Din ‘Attâr était un poète mystique persan né à Nishapour dans le Khorassan vers 1142 et mort entre 1190 et 1229.

Texte
« Dieu maintient tout sur rien. De l’atome aux soleils tout est signe qu’Il est. Ce monde où nous vivons n’est qu’un caillou perdu au fond de Son Jardin. Oublie l’eau, l’air, le feu. Oublie tout. Tout est Dieu. Vois la Terre. C’est Lui. Vois l’au-delà. C’est Lui. Tout n’est que Sa parole infiniment diverse, tout n’est que Son habit infiniment changeant. Reconnais donc ton Roi sous Ses mille manteaux ! Tu ne peux te tromper, puisque tout n’est que Lui. Hélas, nul ne le voit. Nous sommes aveuglés par l’éclat de Son Être.

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Ansembourg & Reybrouck

Thomas d’Ansembourg et David Van Reybrouck, La paix ça s’apprend !, Paris, Actes Sud, 2016, p. 64

Texte
« La notion d’intériorité est une notion peu familière aujourd’hui. Nous pouvons la décrire comme la capacité propre à l’humain de développer en soi un espace de ressourcement, de discernement et d’inspiration, qui permet aux différentes intelligences humaines de se conjuguer, en dépassant les clivages classiques. Cet état de centrage et de cohérence intérieure ouvre une vision inspirée qui encourage au geste juste. Très peu de nos contemporains réalisent que c’est cette intériorité qui non seulement facilite mais féconde notre participation active, créative et responsable à la vie commune.

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Augustin (Saint)

Saint-Augustin, Confessions, livre III, chap. I

Présentation
Né dans la province romaine d’Afrique en 354, Augustin d’Hippone est mort en 430. Il fut un philosophe et théologien chrétien, d’origine berbère, latine et phénicienne. Il est considéré comme l’un des quatre Pères de l’Église occidentale.

Texte
« Je vins à Carthage et de tous côtés j’entendais bouillonner la chaudière des amours infâmes. Je n’aimais pas encore mais j’aimais l’amour et par une indigence secrète je m’en voulais de n’être pas assez indigent.

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Aurobindo

Sri Aurobindo (com.), Bhagavad Gita, trad. Anne-Marie Esnoul et Olivier Lacombe, Paris, Éditions du Seuil, 1997

Présentation
Sri Aurobindo, maître hindou né à Calcutta en 1872, a commenté la Bhagavad Gita, l’un des textes fondamentaux de l’hindouisme. Dans ce poème épique, le héros Arjuna est mis en scène dans un moment crucial de son existence : juché sur son char de combat, il comme hésite à s’engager dans une guerre fratricide entre princes du même sang. Installé derrière lui, le dieu Krishna le conseille et l’aide à discerner ce qu’il doit faire. Krishna symbolise le maître intérieur – la voix de la conscience la plus profonde.

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Bergson

Henri Bergson, « La conscience et la vie » dans L’énergie spirituelle, Paris, PUF, 2009

Présentation
Henri Bergson est un philosophe français né le 18 octobre 1859 à Paris où il est mort le 4 janvier 1941. L’énergie spirituelle est initialement parue en 1919.

Texte
« Les philosophes qui ont spéculé sur la signification de la vie et sur la destinée de l’homme n’ont pas assez remarqué que la nature a pris la peine de nous renseigner là-dessus elle-même. Elle nous avertit par un signe précis que notre destination est atteinte. Ce signe est la joie. Je dis la joie, je ne dis pas le plaisir. Le plaisir n’est qu’un artifice imaginé par la nature pour obtenir de l’être vivant la conservation de la vie ; il n’indique pas la direction où la vie est lancée. Mais la joie annonce toujours que la vie a réussi, qu’elle a gagné du terrain, qu’elle a remporté une victoire : toute grande joie a un accent triomphal.

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Buber

Martin Buber (1878-1965), Le chemin de l’homme (Der Weg des Menschen : nach der chassidischen Lehre), Paris, Les Belles Lettres, 2015

Texte
« Dénoncé calomnieusement aux autorités par l’un des chefs des mitnagdim (opposants des hassidim) qui réprouvaient sa doctrine et sa voie, Rabbi Shnéour Zalman, le Rav de Russie, avait été incarcéré à Saint-Petersbourg et attendait sa comparution devant le tribunal, lorsqu’un jour le capitaine de la gendarmerie pénétra dans sa cellule. Devant la face puissante et immobile du Rav qui, absorbé en lui-même, ne le remarqua pas tout de suite, cet homme devint pensif et devina quelle était la qualité de son prisonnier. Il entra en conversation avec lui, ne tardant pas à mettre sur le tapis toutes sortes de questions qu’il s’était posées en lisant l’Ecriture. Finalement il demanda :

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Buber

Martin Buber (1878-1965), Le chemin de l’homme (Der Weg des Menschen : nach der chassidischen Lehre), Paris, Les Belles Lettres, 2015

Texte
« Rabbi Bounam avait coutume de raconter aux jeunes gens qui venaient chez lui pour la première fois l’histoire l’Eisik fils de Yékel de Cracovie. Après de longues années de la pire misère, qui n’avaient cependant point entamé sa confiance en Dieu, celui-ci reçut en rêve l’ordre de se rendre à Prague pour chercher un trésor sous le pont qui mène au palais royal.

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Buber

Martin Buber (1878-1965), Le chemin de l’homme (Der Weg des Menschen : nach der chassidischen Lehre), Paris, Les Belles Lettres, 2015

Présentation
Dans Le chemin de l’homme, Martin Buber nous a raconté l’histoire d’Eisik de Cracovie. A la suite d’un rêve, celui-ci va chercher jusqu’à la lointaine ville de Prague un trésor enfoui en réalité dans le foyer de sa propre maison. Le foyer symbolise notre propre centre spirituel. C’est notre conscience la plus profonde qui est « foyer », c’est-à-dire ce lieu intérieur d’où émanent chaleur et lumière – force et intelligence, puissance vitale et direction spirituelle. A la suite du conte, Martin Buber propose l’interprétation suivante.

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Castaneda

Carlos Castaneda, L’herbe du diable et la petite fumée, Paris, Christian Bourgois Editeur, 1984, p. 151

Texte
« Je m’accrochais aux choses comme un enfant à des bonbons. Or l’herbe du diable n’est qu’un chemin parmi un million d’autres. N’importe quoi n’est qu’un chemin parmi des quantités de chemins (un camino entre cantidades de caminos). Il convient donc de ne pas perdre de vue qu’un chemin n’est après tout qu’un chemin ; si l’on a l’impression de ne pas devoir le suivre, inutile d’insister. Mais pour parvenir à une telle clarté il faut mener une vie bien réglée. Ce n’est qu’alors que l’on comprend qu’un chemin n’est qu’un chemin, et qu’il n’y a rien de mal ni pour soi ni pour les autres à le quitter, si c’est ce que votre cœur vous dit de faire. Mais cette décision de rester sur le chemin ou de le quitter doit être libre de toute peur ou de toute ambition. Je vous en avertis.

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