Découvrez nos ressources

Textes

Del Vasto

Lanza del Vasto, Principes et préceptes du retour à l’évidence

Texte
« L’amour, l’amour, hérisse-toi contre l’indécence de ce mot.
Ne parle pas d’amour à tout propos, n’en discute pas d’un ton de compétence, garde-toi des sublimes abandons poétiques au sujet de l’amour, de peur d’entrer de plain-pied dans l’obscène. Sache que tu ne sais pas aimer et reste au moins pudique. Comment aimerais-tu quelque autre si tu ne sais t’aimer toi-même ? Comment t’aimerais-tu toi-même, qui ne t’es jamais rencontré, ni vu, qui ne sais attacher ton regard sur toi et sur la nudité de ton essence pendant cinq minutes seulement ?

En savoir plus « Del Vasto »

Eliade

Mircea Eliade, Aspects du mythe, Paris, Gallimard, « Idées », 1963, p. 16-17

Présentation
Historien des religions, philosophe et mythologue, Mircea Eliade est né à Bucarest en 1907 et mort à Chicago en 1986.

Texte
« Essai d’une définition du mythe : Il serait difficile de trouver une définition du mythe qui soit acceptée par tous les savants et soit en même temps accessible aux non-spécialistes (…) Le mythe est une réalité culturelle extrêmement complexe, qui peut être abordée et interprétée dans des perspectives multiples et complémentaires. Personnellement, la définition qui me semble la moins imparfaite, parce que la plus large, est la suivante : le mythe raconte une histoire sacrée ; il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des « commencements ».

En savoir plus « Eliade »

Rig Véda

« L’Hymne à Purusha (Purusha Suktam) » dans Rig Véda, X-90 (1ère partie : Purva Narayana), 1 à 18, trad. M. Buttex sur ce lien

Présentation
« L’exemple classique est la Création par le sacrifice du Purusha (littéralement, l’« Homme »), présenté dans le célèbre hymne X, 90 du Rig Veda. Ce sont les dieux qui ont accompli ce sacrifice, en démembrant le géant primordial. Sa tête devint le Soleil, ses pieds donnèrent naissance à la Terre, son oreille devint les orients, de sa conscience naquit la Lune, et de son souffle le vent. C’est également de son corps que proviennent les quatre castes : le brahmane de sa bouche, le guerrier de ses bras, l’artisan de ses cuisses et le serviteur (çûdra) de ses pieds. En outre, le sacrifice du Purusha produisit les strophes, les mélodies et les mètres, et également les victimes et les substances sacrificielles. Dans la mythologie scandinave, les dieux Ases sacrifient et dépècent le géant Ymir.

En savoir plus « Rig Véda »

Mundaka Upanishad

« Mundaka Upanishad » (800-500 av. J.-C.), dans Sept Upanishads, introduction, traduction et commentaire de Jean Varenne, Paris, Seuil, « Points sagesse », 1981, 1ère section, p. 55-56

Présentation
Cf. Shankara, Commentaire sur la Mundaka Upanishad (VIIIe siècle), Michel Allard, Éditions orientales, 1978, p. 21-31.

Texte
« AUM. Brahmâ, créateur de l’univers et protecteur/gardien de tout ce qui existe, fut le premier parmi les dieux à se manifester. A son fils aîné, Atharva, il transmit la connaissance du Brahman [de l’Absolu, au-delà de toutes formes et présent en toute forme – nommé Atman quand il désigne la réalité ultime de l’âme humaine], et Atharva l’a transmise à Angir puis Angir l’a communiquée à Satyavâha de la lignée de Bhâradvâja. Et lui, de la lignée de Bhâradvâja a remis à Angiras cette connaissance qui ainsi a été reçue en succession du plus élevé au plus humble.

En savoir plus « Mundaka Upanishad »

Platon

Platon, La République, trad. Victor Cousin, 1833, livre VII « Le Mythe de la Caverne »

Texte
[514a] Maintenant, repris-je, pour avoir une idée de la conduite de l’homme par rapport à la science et à l’ignorance, figure-toi la situation que je vais te décrire. Imagine un antre souterrain, très ouvert dans toute sa profondeur du côté de la lumière du jour ; et dans cet antre des hommes retenus, depuis leur enfance, par des chaînes qui leur assujettissent tellement les jambes et le cou, qu’ils ne peuvent ni changer de place [514b] ni tourner la tête, et ne voient que ce qu’ils ont en face. La lumière leur vient d’un feu allumé à une certaine distance en haut derrière eux. Entre ce feu et les captifs s’élève un chemin, le long duquel imagine un petit mur semblable à ces cloisons que les charlatans mettent entre eux et les spectateurs, et au-dessus desquelles apparaissent les merveilles qu’ils montrent.

En savoir plus « Platon »

Hugo

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, p. 239-240

Texte
« Depuis l’origine des choses jusqu’au quinzième siècle de l’ère chrétienne inclusivement, l’architecture est le grand livre de l’humanité, l’expression principale de l’homme à ses divers états de développement soit comme force, soit comme intelligence.

Quand la mémoire des premières races se sentit surchargée, quand le bagage des souvenirs du genre humain devint si lourd et si confus que la parole, nue et volante, risqua d’en perdre en chemin, on les transcrivit sur le sol de la façon la plus visible, la plus durable et la plus naturelle à la fois. On scella chaque tradition sous un monument. Les premiers monuments furent de simples quartiers de roche que le fer n’avait pas touchés, dit Moïse. L’architecture commença comme toute écriture. Elle fut d’abord alphabet. On plantait une pierre debout, et c’était une lettre, et chaque lettre était un hiéroglyphe, et sur chaque hiéroglyphe reposait un groupe d’idées comme le chapiteau sur la colonne (…)

En savoir plus « Hugo »

Servan-Schreiber

Perla Servan-Schreiber, Ce que la vie m’a appris, Paris, Flammarion, 2017

Texte
« Voilà l’objectif final : conquérir soi-même une grande simplicité intérieure, mais comprendre jusque dans ses plus fines nuances la complexité des autres. »

Etty Hillesum

« Je suis enfin assez vieille pour être moi-même.

Ne soyez pas troublé par ce mot « vieille », très mal vu en ces temps de jeunisme. J’ai toujours aimé les vieux. J’aime ce mot, ce qu’il incarne comme étape de vie et la liberté qu’il me procure.

En savoir plus « Servan-Schreiber »

Heschel

Abraham Heschel, Les Bâtisseurs du temps, Paris, Éditions de minuit, 1957, p. 111 et sq.

Présentation
Abraham Joshua Heschel est un rabbin massorti (courant du judaïsme contemporain adapté aux contraintes de la vie moderne sans abandon des coutumes), théologien et penseur juif américain, né le 11 janvier 1907 à Varsovie, alors rattachée à l’Empire russe, et décédé à New York le 23 décembre 1972.

Texte
« Six jours durant, nous luttons avec le monde, arrachant sa richesse à la terre ; mais le Shabbat, nous avons à prendre soin de la semence d’éternité confiée à notre âme. Nos mains sont au monde, mais notre âme appartient à Quelqu’un d’autre. Six jours durant, nous travaillons à dominer le monde ; le septième jour, nous essayons de nous dominer nous-mêmes…

En savoir plus « Heschel »

Mâ Ananda Moyî

Mâ Ananda Moyî (1896-1982), L’enseignement de Mâ Ananda Moyî, Paris, Albin Michel, « Spiritualités vivantes », 1988, p. 185-187

Texte
« Comment le sâdhanâ (ascèse) peut-elle être intense ?
Mâ : Il faut viser un seul but ; ekalakshya signifie diriger la flèche vers le but, n’avoir à l’esprit que le but et le but seul (…).

En savoir plus « Mâ Ananda Moyî »

Hugo

Victor Hugo, « Le pont » dans Les Contemplations, Nelson, 1856.djvu/343

Texte
« J’avais devant les yeux les ténèbres. L’abîme
Qui n’a pas de rivage et qui n’a pas de cime
Était là, morne, immense et rien n’y remuait.
Je me sentais perdu dans l’infini muet.
Au fond, à travers l’ombre, impénétrable voile,
On apercevait Dieu comme une sombre étoile
Je m’écriai : Mon âme ! Mon âme ! Il faudrait,
Pour traverser ce gouffre où nul bord n’apparaît,
Et pour qu’en cette nuit jusqu’à ton Dieu tu marches,
Bâtir un pont géant sur des millions d’arches.

En savoir plus « Hugo »