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Textes

Castaneda

Carlos Castaneda, L’herbe du diable et la petite fumée, Paris, Christian Bourgois Editeur, 1984, p. 151

Texte
« Je m’accrochais aux choses comme un enfant à des bonbons. Or l’herbe du diable n’est qu’un chemin parmi un million d’autres. N’importe quoi n’est qu’un chemin parmi des quantités de chemins (un camino entre cantidades de caminos). Il convient donc de ne pas perdre de vue qu’un chemin n’est après tout qu’un chemin ; si l’on a l’impression de ne pas devoir le suivre, inutile d’insister. Mais pour parvenir à une telle clarté il faut mener une vie bien réglée. Ce n’est qu’alors que l’on comprend qu’un chemin n’est qu’un chemin, et qu’il n’y a rien de mal ni pour soi ni pour les autres à le quitter, si c’est ce que votre cœur vous dit de faire. Mais cette décision de rester sur le chemin ou de le quitter doit être libre de toute peur ou de toute ambition. Je vous en avertis.

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Chodkiewiecz & ‘Abd el-Kader

‘Abd el-Kader, Écrits spirituels, trad. Michel Chodkiewiecz, Paris, Éditions du Seuil, 1982

Présentation
Michel Chodkiewiecz, spécialiste français du soufisme (l’école initiatique et mystique de l’islam), écrit le texte qui suit en introduction à sa traduction des Écrits spirituels de l’émir Abd el-Kader.

Texte
« Comme il n’est pas de lieu où Dieu ne soit, il n’est pas d’état où la sainteté n’ait sa place. Anachorètes ou gyrovagues [ermites ou moines errants], princes qui se retirent au désert, marchands qui, leur boutique abandonnée, s’en vont mendier le long des routes, les vocations ne manquent pas, en Islam, qui prennent leur élan dans le refus et s’accomplissent dans l’exil. Mais la perfection n’est pas dans ces ruptures. Les meilleurs restent là où ils sont car « Il est avec vous où que vous soyez » (Coran, 57:4).

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Comte-Sponville

André Comte-Sponville, Petit traité des grandes vertus, « L’amour », Paris, PUF, 1995

Présentation
Né à Paris en 1952, André Comte-Sponville est un philosophe et écrivain français. Normalien et agrégé, il a soutenu en 1983 une thèse de doctorat intitulée Éléments pour une sagesse matérialiste.

Texte
« L’amour ne se commande pas, et ne saurait en conséquence être  un devoir (…) Le devoir est une tristesse, alors que l’amour est une spontanéité joyeuse. Ce que l’on fait par contrainte, écrit Kant, on ne le fait pas par amour » (Doctrine de la vertu, Introduction, XII, c).

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Dalaï-Lama

Dalaï-Lama, L’art de la compassion, Paris, Robert Laffont, 2002, p. 73-74

Texte
« Si nous souhaitons véritablement accroître notre compassion (…) un tel but mérite que l’on s’y consacre de tout son cœur. Si nous trouvons un moment, chaque jour, pour nous asseoir et nous livrer à la contemplation, c’est très bien. Comme je l’ai indiqué, le petit matin se prête particulièrement à cet exercice, car notre esprit est plus clair (…) Durant ces séances, travaillons par exemple à développer l’empathie et l’intimité avec autrui, réfléchissons sur le sort difficile et misérable de nos semblables.

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Darqawî

Sheikh Al-‘Arabî Al-Darqawî (m. 1823, Maroc), Lettres d’un maître soufi, Milan, Archè, 1978, chap. 45, p. 137-138

Texte
« Écoutez ce que j’ai dit à l’un de nos frères pour lui donner du courage. Car il avait peur de se marier, à cause des tentations que le mariage comporterait, comme beaucoup des nôtres en ont eu peur. Je lui dis donc : nous voyons qu’il existe des hommes qui, sans être des hommes d’élite, vivent au milieu de multiples occupations comme s’ils n’en avaient point, tandis que d’autres, qui n’ont en charge que leur propre tête, l’embourbent à ce point qu’ils sont toujours en grande peine. Cela vient de ce qu’ils ne cessent pas de faire des projets et de se charger de mille soucis.

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Del Vasto

Lanza del Vasto, Principes et préceptes du retour à l’évidence

Texte
« L’amour, l’amour, hérisse-toi contre l’indécence de ce mot.
Ne parle pas d’amour à tout propos, n’en discute pas d’un ton de compétence, garde-toi des sublimes abandons poétiques au sujet de l’amour, de peur d’entrer de plain-pied dans l’obscène. Sache que tu ne sais pas aimer et reste au moins pudique. Comment aimerais-tu quelque autre si tu ne sais t’aimer toi-même ? Comment t’aimerais-tu toi-même, qui ne t’es jamais rencontré, ni vu, qui ne sais attacher ton regard sur toi et sur la nudité de ton essence pendant cinq minutes seulement ?

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Del Vasto

Lanza del Vasto, Approches de la vie intérieure

Texte
« Si nous recevons le soleil en face, notre dos reste dans l’ombre et tout notre corps projette une ombre sur la terre, ainsi de l’amour.
Tout amour humain comporte ainsi son revers de haine et bien souvent l’envers dépasse l’endroit.
Si j’aime une femme à la passion, je hais tous ceux qui pourraient lui faire ou lui vouloir du mal, je hais aussi tous ceux qui l’aiment trop et cherchent à détourner ses faveurs. Et cela n’est rien encore. Car si d’aventure elle se prenait à aimer quelqu’un d’autre et me faisait la suprême injure de trouver son bien en dehors de moi, voici que mon grand amour me porterait à le haïr à mort. Que dire de l’attachement avare et jaloux des familles.

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Del Vasto

Lanza del Vasto, Approches de la vie intérieure

Texte
« La nuit tombait. La route s’enfonça dans la forêt plus noire que la nuit.
J’étais seul, désarmé. J’avais peur d’avancer, peur de reculer, peur du bruit de mes pas, peur de m’endormir dans la nuit redoublée.
J’entendis des craquements sous bois et j’eus peur. Je vis luire entre les troncs des yeux de bête et j’eus peur. Puis je ne vis plus rien, et j’eus peur, plus que jamais.
Enfin, de l’ombre, une ombre sortit qui me barra la route :
« Allons ! Fais vite : c’est la bourse ou la vie ! »

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