Dalaï-Lama, L’art de la compassion, Paris, Robert Laffont, 2002, p. 73-74

Texte
« Si nous souhaitons véritablement accroître notre compassion (…) un tel but mérite que l’on s’y consacre de tout son cœur. Si nous trouvons un moment, chaque jour, pour nous asseoir et nous livrer à la contemplation, c’est très bien. Comme je l’ai indiqué, le petit matin se prête particulièrement à cet exercice, car notre esprit est plus clair (…) Durant ces séances, travaillons par exemple à développer l’empathie et l’intimité avec autrui, réfléchissons sur le sort difficile et misérable de nos semblables.

Lorsque nous sentons un authentique sentiment de compassion grandir en nous, contentons-nous de nous y maintenir, d’en faire simplement l’expérience en utilisant la méditation contemplative que j’ai décrite, sans avoir recours à la pensée ni à la raison. Laissons la compassion nous imprégner. Puis, quand notre sentiment commence à faiblir, recourons à la raison pour stimuler à nouveau notre compassion. L’application successive de ces deux méthodes de méditation évoque le travail du potier qui humidifie la terre puis la façonne avant de l’humidifier à nouveau et ainsi de suite… »