Al-Ghazâlî (soufi d’origine persane, n. Khorâsân, 1058-1111), Al-Munqid min Adalâl (Erreur et délivrance), trad. Farid Jabre, Beyrouth, Librairie Orientale, 1969, p. 59-61

Texte
« Sache que les religions et les croyances des hommes sont diverses ; que les tendances de la communauté [musulmane] diffèrent, entre les groupes et les voies : océan profond où la majorité a sombré et dont une minorité s’est tirée. Chaque groupe pourtant se croit sauvé, « chacun se réjouissant de ce qu’il détient » (Coran, 23:54) », mais face à tous ceux-là qui croient détenir la vérité, « Pour moi, je n’ai jamais cessé, dès ma prime jeunesse, dès avant mes vingt ans jusqu’à ce jour (j’en ai plus de cinquante) de me lancer dans les profondeurs de cet océan et de (…) scruter la croyance de chaque groupe religieux ; j’examine les aspects cachés (…)

Je le fais pour séparer vrai et vain » et « Aux approches de l’adolescence, déjà s’étaient défaits en moi les liens traditionnels et brisées les convictions héréditaires. Je voyais bien que les enfants chrétiens ne grandissaient que dans le christianisme, les jeunes juifs que dans le judaïsme et les petits musulmans que dans l’islam » et donc « Une force intérieure me poussa à questionner l’authenticité (…) des croyances issues du conformisme des parents et des maîtres ».