« Mundaka Upanishad » (800-500 av. J.-C.), dans Sept Upanishads, introduction, traduction et commentaire de Jean Varenne, Paris, Seuil, « Points sagesse », 1981, 1ère section, p. 55-56

Présentation
Cf. Shankara, Commentaire sur la Mundaka Upanishad (VIIIe siècle), Michel Allard, Éditions orientales, 1978, p. 21-31.

Texte
« AUM. Brahmâ, créateur de l’univers et protecteur/gardien de tout ce qui existe, fut le premier parmi les dieux à se manifester. A son fils aîné, Atharva, il transmit la connaissance du Brahman [de l’Absolu, au-delà de toutes formes et présent en toute forme – nommé Atman quand il désigne la réalité ultime de l’âme humaine], et Atharva l’a transmise à Angir puis Angir l’a communiquée à Satyavâha de la lignée de Bhâradvâja. Et lui, de la lignée de Bhâradvâja a remis à Angiras cette connaissance qui ainsi a été reçue en succession du plus élevé au plus humble.

Saunaka, grand maître de maison, s’étant approché d’Angiras selon les règles lui demanda : « O bienheureux, quelle chose suffit-il donc de connaître pour tout connaître ? (…) Le sage, par la connaissance supérieure, arrive à contempler partout ce qui pourtant ne peut être perçu ni appréhendé [invisible et insaisissable], sans famille ni caste, sans yeux ni oreilles, ni mains, ni pieds mais qui est éternel, qui se diffuse et pénètre en toutes choses [omniprésent], extrêmement subtil et inaltérable [qui ne s’abîme pas], matrice de tous les êtres. De même que l’araignée sécrète et résorbe son fil, que de la terre poussent les plantes, que de l’homme tant qu’il est en vie sortent des cheveux et des poils sur la tête et le corps ; ainsi c’est de l’Immuable qu’émane l’univers où nous sommes ».